Située dans l'attente, la scénographie d'Intervalle transforme l'aéroport de Byblos en purgatoire suspendu : cent mètres carrés de plateau où plusieurs voyageurs se croisent sans pouvoir partir.
Les arches gothiques rougeoyantes portent les noms des villes du voyage — Carthage, Rome, New York. Elles sont les portes d'embarquement vers nulle part ; leur lumière orangée, mêlée à la fumée, évoque autant la chaleur d'un foyer perdu que la mémoire qui couve.
Les sculptures classiques en relief peuplent les murs comme les fantômes des civilisations disparues. Les bancs d'aéroport reposent sur des pieds humains taillés dans la pierre brute : ils disent l'humain qui marche encore, alors que tout autour s'effondre.